02 mai 2010

La terre

« Avec la mécanisation agricole et le remembrement, de nombreux chemins creux se couvrirent de goudron, tandis que les tracteurs envahissaient les champs et que l'on arrachait les haies qui encombraient les parcelles et empêchaient les moissonneuses-batteuses de passer. Comme les tracteurs et les charrues réversibles, elles se mirent bientôt à étoiler les champs de juillet de leur carrosserie kaki. »
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02 mai 2010

Les maisons perdues

« Il n'y a plus beaucoup de villages à l'architecture intéressante en Gâtine. C'est que les paysans, commerçants ou artisans ont voulu, avec une volonté acharnée, se moderniser et tout ce qui pouvait rappeler le passé fut banni. Les façades en granit et en pierres disparurent pour se couvrir de ciment noir. »
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02 mai 2010

Le cri des autres

« Oh, je pense que les unijambistes et les aveugles doivent souffrir et sont loin d’être gâtés par la nature. C’est pas pour les consoler, mais eux, au moins, peuvent mettre un contour, une image, sur ce qui leur manque. Peuvent jeter tout leur désespoir sur l’absence physique d’un membre. Le véritable manque, c’est comme de l’absence sans mot ni forme, si bien qu’elle en est envahissante et peut nous prendre jusqu’aux plus secrets des sentiments. »
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02 mai 2010

L'enfance

« Souvent, quand à l'aube, je sors de la maison, il me vient à l'imaginer sur les chemins du bas. Le voile de la rosée se lève un peu, les sommets des collines qui l’entourent sont encore noyées dans le ciel, chassent tant bien que mal leur brume de la nuit et le paysage tout entier devient un rêve incertain. »
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02 mai 2010

Arthur (fin)

« J'ai salué Arthur une dernière fois, me disant que je ne le reverrai jamais. A l'entrée de sa maison, devant le numéro 5, là où figurait sa jolie plaque noire « Arthur Haneuze, psychanalyste, docteur en psychologie », il m'a serré la main longuement. J'ai même cru un instant qu'il allait se départir de sa rigoureuse déontologie et qu'il allait me presser contre son cœur comme avec un fils. Puis, il m'a dit sur un ton qu'il destinait aussi bien à moi qu'à son for intérieur : Au revoir. Psychanalyste est un long parcours. »
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