23 mai 2010

La piste

La_piste« C'est sûr. Leur premier espoir, c'est le miracle. Ils y croient dur comme fer. Ils espèrent que toutes ces béquilles qu'ils achètent vont devenir des souliers fabuleux, capables de franchir mille lieues, seront la princesse qu'ils cherchent depuis toujours, l'amour disparue ou bien encore, leur fournira de l'alcool et des cigares jusqu'à la fin des temps. Comme si les fantômes qu'ils ont croisés, sempiternellement dans leur vie, pouvaient se métamorphoser en bons génies de contes de fée. Tous les éclopés de la terre ne répètent que les songes les plus fous, les premiers cauchemars et les rêves d'enfant. Pourtant, ce sont eux finalement qui m'ont mis sur la piste. Ils m'ont rappelé mes béquilles d'il y a longtemps. Quand j'avais cinq ans et que la mort pour commencer. »

Posté par Martin86 à 20:12 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur La piste

    est-ce votre dernière image ?

    Bonsoir,
    Je suis venu à votre blog par des amis. Je le trouve intéressant, textes et images. Je crois comprendre qu'il s'agit d'un projet d'ouvrage ? Comment savoir s'il y aura une publication ? Je suis impatiente.
    Bonne continuation à vous.
    Claude

    Posté par claude, 23 mai 2010 à 23:15 | | Répondre
  • Merci pour ce beau travail!

    C'est un bien beau travail de création que vous faites là, Martin. Très émouvant.

    Posté par Virginie Megglé, 23 mai 2010 à 23:27 | | Répondre
  • je devine (mon avis impression toute personnelle...)un enfant perdu qui pleure qui a formé une bulle pour se protéger, car au dessus il y a de l'orage...c'est très beau

    Posté par cat_kiki, 19 novembre 2010 à 09:04 | | Répondre
  • L'une partie trop loin, l'autre dans ses bras et le dernier enfermé dans son silence, dans sa douleur. Quand j'ai pensé qu'être seule serait la seule façon de fermer les yeux très très fort pour ne plus voir la réalité, m'enfermer dans mes rêves. Quand il faut réinventer un univers, se créer le sien, un peu trop tôt, toujours trop tôt, il faut alors savoir devenir "grande" avant l'heure. Quand j'ai pensé bon de laisser seul celui qui restait. Pour qui? Pour moi sans doute. Trop aveugle de ma douleur, trop généreuse pour prendre la sienne sur mes épaules et lui trop bancal pour s’apercevoir du reste. Quand il est plus facile de se taire que de dire. Quand le héros, celui que l'on croit fort et immortel, celui qui est droit, s’effondre sans être capable de répondre à nos questions, quand un univers d'enfant s'écroule et qu'on est seule face à ses peurs, il ne reste plus que la solitude dans laquelle s'enfermer. Plus tard, j'ai cru bon de me créer une carapace, de devenir "grande gueule" de défendre des principes à la mord moi le nœud pour ne pas être confronter à cette réalité, pour ne pas avoir à répondre à des questions posées à l'improviste par des inconnus, non, je veux rester seule dans cette descente aux enfers. Je veux montrer que je suis forte, même lorsque les larmes m'en viennent aux yeux, toi, tu le sais, je fini par hurler pour ne plus entendre le reste, pour ne m'entendre que moi et retourner dans ce monde invisible. Quand eux, vous, ne savent que dire et qu'il n'y a plus que le silence qui parle. Quand j'avais 10ans et que l'absence pour commencer. (en réponse à ton texte, papa)

    Posté par l'Inconnue, 10 février 2012 à 00:52 | | Répondre
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