17 avril 2010

Alexandre

Alexandre« Etait-ce pour ça qu’il en parlait ? Assis sur la chaise, je ne pouvais pas voir ses yeux. Alexandre disait tout. La furie de la peur et les hommes rendus inouïs par ces combats de chiens. La pluie de boue glaciale et la nuit rouge d’un four de potier. L’attente interminable des soldats, paralysés comme des porcs sous le couteau, à ne plus savoir se plaindre. Le dégoût des effluves impensables qui infectent toute la nuit, collent aux vareuses, imprègnent l’halène. Il m’expliquait les « 380 » qui faisaient trembler la terre comme plusieurs trains, le « progrès » des canons avec leurs portées au kilomètre. Puis il me décrivait les bouts d’havresacs et d’uniformes, bleus horizon ou feldgraus, qui décoraient les squelettes des arbres comme des guirlandes de corbeaux. »

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